"Sans l'invisible, nous sommes
aveugles »
Pierre Sansot
Ce que je comprends de mon
travail aujourd'hui lorsque je regarde mes projets dans
leurs perspectives, c'est un désir de créer du lien par le
biais de sujets spécifiques. Il m'importe de créer du lien
et des rencontres qui ne soient pas le seul moment de
rassemblement autour d'une pièce chorégraphique. La pièce
est un médium, un vecteur de déclenchement (de réflexions,
d'émotions, de voyages intérieurs, de partages...) Le
projet n'est pas fini avec une pièce, il prend sens par les
rencontres qui s'inventent autour.
D'où par exemple pour ce solo, le désir de travailler avec
des groupes de femmes, et pourquoi pas de parents avec
leurs enfants.
On qualifie mon travail de « radical et
singulier »
Je peux dire en parlant de mon travail : « porter
cette intériorité au milieu du monde ». J'invite dans
les pièces, le spectateur à se poser en lui même et à
ressentir. Certes, il est dans une certaine solitude,
c'est-à-dire qu'il n'est pas occupé par une multitude
d'informations, il n'est pas pris par les activités
horizontales. Par l'écoute qui se déploie du plateau, la
finesse kinesthésique dans laquelle les corps travaillent,
la place donné au silence, à la vacuité, à
l'interdépendance lente, la simultanéité naturelle, la
fugacité ralentie, le spectateur est invité à ressentir, à
plonger en lui-même dans les profondeurs, à se verticaliser
…
Clara Cornil

